Author Archives: Mahigan Lepage

Gnome

P assé les années d’apprentissage en gaspillage Du courage pour les années de vagabondage À travers à un monde détournant son visage Du grégarisme de l’apprentissage. Samuel Beckett, “Gnome”, quatrain publié en 1934 dans le Dublin Magazine – ma traduction.

Paysage avec statue

Alors y aurait cette statue, au milieu d’un paysage pelé, et beaucoup de nuit tout autour. Elle serait femme mais grecque, aurait muscles et lèvres de pierre. De combien de jours et de combien de nuits je marchais alentour, ou me plantais en face et cherchais son regard? J’étais fou, j’attendais réponse. Et dehors les

Vers que

La route intérieur, tortueuse et incertaine. Je ne voudrais plus écrire non, mais noter des relations. Et que ces noms même, ces noms Népal, Maroc, Uruguay, Colombie-Britannique, ces noms même ne disent plus que le rapport. Relation oui comme au temps des voyages, quand cela était encore possible. Des routes pourtant, des chemins. Mais vers

Interruption saisonnière

Ce n’est pas pour les vacances, au contraire. Je dois finir ma thèse d’ici la fin août : plus le choix. Alors en vue du dernier droit, quatre mois de longueur, on se déleste autant que possible et on s’impose des oeillères. On se prépare à une de ces périodes où même l’essentiel est relégué

Hormis ce qui de toi reste

Hormis ce qui de toi reste. Encore une de ces phrases qui vous collent, qu’on n’a pas demandées, qui restent tout entière à déchiffrer, si peux, dans l’emportement soudain des autres phrases, qu’on ajoute, et de une, et de deux, combien il faut de phrase pour en éliminer une seule, même petite, récurrente, insistante, obsédante

Détroit des visages orbes

Façades. Façades hautes et pleines, orbes, sans ouverture par où voir, par où entrer, que te montre la ville dans tes marches solitaires, aux jours où tu n’es plus, que ce vent d’entre les murs, les façades, hautes et pleines, orbes, des visages des hommes qui habitent, et t’affrontent,  passage, dédale. Détroit des visages orbes.