Category Archives: Fictions & séries

Hormis ce qui de toi reste

Hormis ce qui de toi reste. Encore une de ces phrases qui vous collent, qu’on n’a pas demandées, qui restent tout entière à déchiffrer, si peux, dans l’emportement soudain des autres phrases, qu’on ajoute, et de une, et de deux, combien il faut de phrase pour en éliminer une seule, même petite, récurrente, insistante, obsédante

Détroit des visages orbes

Façades. Façades hautes et pleines, orbes, sans ouverture par où voir, par où entrer, que te montre la ville dans tes marches solitaires, aux jours où tu n’es plus, que ce vent d’entre les murs, les façades, hautes et pleines, orbes, des visages des hommes qui habitent, et t’affrontent,  passage, dédale. Détroit des visages orbes.

Ce corps d’angoisse

Ce corps d’angoisse. Qu’est ce corps d’angoisse en mon sommeil ressurgissant, au soir seulement de mes jours, plaqué là à la peau mince des rêves, et qui n’est que pleurs et colères et cris. Ce corps d’angoisse. Cette peau franchie d’un seul glissement, comme passerait le corps à travers une bruine, des images d’ébats et

Tes murs en pans

Tes murs en pans. En pans de ruine, ta cage n’est que vide entre reliefs ruiniformes, qu’ébranlent encore les secousses nouvelles. Tes murs en pans. Ainsi s’élèvent, s’élèvent de tomber, dans de grands bruits sourds de pierres lourdes, sur tes parois, sur tes parois. Tes murs en pans. Tes murs, en pans, sont élévations anciennes,

Grièves tes blessures

Grièves tes blessures. Dites d’un mot qu’on ne dit plus, presque plus, comme on tait ses blessures mêmes, graves même, graves pour qui, pour toi? Grièves tes blessures. Rare et vieux oui ce mot de griève, n’en est resté que l’adverbe, grièvement, un dernier sursaut pourtant, dernier chant oui, ferait la douleur peut-être chanter, ou

Tu serais fleuve

Et sous tes pensées quoi, du cri et des larmes, les blessures tapies et muettes, contre quoi ta tête se défend, ta tête de tête, bloc carré et moteur, de par-dessus les flots de tes abandons, ce qui t’arracherait un temps à toi, te ferait pour la première fois du monde te pleurer, te pleurer