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	<title>Comments on: La nuit de la critique</title>
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		<title>By: Catherine</title>
		<link>http://mahigan.ca/?p=232&#038;cpage=1#comment-48</link>
		<dc:creator>Catherine</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2009 17:55:15 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour Mahigan,

Certes: il y a un malaise partagé. La lecture de ton texte tombe pour moi à pic (et c&#039;est un heureux hasard). Je dois exposer demain, au cours de mon séminaire de méthodologie de la recherche, cinq problèmes liés à ma &quot;recherche&quot;, avec leur solution respective (le tout en vingt minutes).
Comme M.C. (ci-haut), j&#039;ai délaissé les études littéraires il y a environ quatre ans, &quot;en raison d&#039;un conflit éthique permanent, entre moi et l&#039;institution&quot;,  mais je les ai finalement reprises, en changeant d&#039;université. Évidemment, ça ne règle pas le problème (je crois que j&#039;avais temporairement oublié le fond de ces raisons quand je me suis ré-inscrite en panique), d&#039;autant plus que la vision des études littéraires et de la littérature elle-même qui priment à cette université aggrave pour moi le problème. Néanmoins, je compte cette fois aller jusqu&#039;au bout (par défi?); peut-être ferai-je ensuite un DEP en carrelage (c&#039;est sérieux). Enfin.
C&#039;est en travaillant à la formulation du troisième problème que je devrai demain exposer que j&#039;ai été parachutée sur ta page, problème que j&#039;ai longuement intitulé: &quot;Problème de perspective, ou de parti pris, ou de posture - la mienne -, ou d&#039;autocritique&quot;.  Je travaille sur (pour ne pas dire &quot;le corpus de ma recherche est &quot;) un petit livre inclassé, inclassable, à mi-chemin de l&#039;essai historique et de l&#039;essai littéraire (si on tient vraiment à le situer quelque part). Ce petit livre, dont le  narrateur-énonciateur a un statut fort ambigu, est en partie une critique implicite (magnifique stratégie) fortement suggestive, et ironique à souhait, d&#039;à peu près tous les discours théoriques du vingtième siècle et de ces dérivés (principalement ceux des sciences sociales, juxtaposés de façon faussement aléatore aux discours nazis, stalinistes, eugénistes...). Par conséquent, je m&#039;échine à mener ce que Mainguenault (dans un article fort intéressant, disponible en ligne: voir la revue A Contrario, vol.4, no 2) appelle un &quot;discours de ligne de crête&quot;. Je t&#039;en cite un extrait:

&quot;Ce &#039;double-langage&#039; du littéraire n&#039;est pas un discours mensonger ou de mauvaise-foi, mais le produit d&#039;un lieu, l&#039;université. (...) Seul celui qui prétend bénéficier de la double légitimité du savant et de l&#039;herméneute est astreint à ce discours de ligne de crête, qui risque à tout moment de basculer dans le commentaire inspiré, affranchi des normes de toute discipline, ou, à l&#039;inverse, d&#039;être accusé de réductionnisme, pour s&#039;être inscrit pleinement dans l&#039;espace des scienes humaines et sociales.&quot;

Inutile d&#039;ajouter que je marche les fesses serrées, et de quel côté il me répugne davantage de basculer.
Après avoir longuement partagé ces angoisses avec vous (sans les avoir, il est vrai, clairement exprimées), je dois rapidement y retourner. À tous ceux que j&#039;ai lus ici: je vous remercie d&#039;exister.
Catherine</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Mahigan,</p>
<p>Certes: il y a un malaise partagé. La lecture de ton texte tombe pour moi à pic (et c&#8217;est un heureux hasard). Je dois exposer demain, au cours de mon séminaire de méthodologie de la recherche, cinq problèmes liés à ma &#8220;recherche&#8221;, avec leur solution respective (le tout en vingt minutes).<br />
Comme M.C. (ci-haut), j&#8217;ai délaissé les études littéraires il y a environ quatre ans, &#8220;en raison d&#8217;un conflit éthique permanent, entre moi et l&#8217;institution&#8221;,  mais je les ai finalement reprises, en changeant d&#8217;université. Évidemment, ça ne règle pas le problème (je crois que j&#8217;avais temporairement oublié le fond de ces raisons quand je me suis ré-inscrite en panique), d&#8217;autant plus que la vision des études littéraires et de la littérature elle-même qui priment à cette université aggrave pour moi le problème. Néanmoins, je compte cette fois aller jusqu&#8217;au bout (par défi?); peut-être ferai-je ensuite un DEP en carrelage (c&#8217;est sérieux). Enfin.<br />
C&#8217;est en travaillant à la formulation du troisième problème que je devrai demain exposer que j&#8217;ai été parachutée sur ta page, problème que j&#8217;ai longuement intitulé: &#8220;Problème de perspective, ou de parti pris, ou de posture &#8211; la mienne -, ou d&#8217;autocritique&#8221;.  Je travaille sur (pour ne pas dire &#8220;le corpus de ma recherche est &#8220;) un petit livre inclassé, inclassable, à mi-chemin de l&#8217;essai historique et de l&#8217;essai littéraire (si on tient vraiment à le situer quelque part). Ce petit livre, dont le  narrateur-énonciateur a un statut fort ambigu, est en partie une critique implicite (magnifique stratégie) fortement suggestive, et ironique à souhait, d&#8217;à peu près tous les discours théoriques du vingtième siècle et de ces dérivés (principalement ceux des sciences sociales, juxtaposés de façon faussement aléatore aux discours nazis, stalinistes, eugénistes&#8230;). Par conséquent, je m&#8217;échine à mener ce que Mainguenault (dans un article fort intéressant, disponible en ligne: voir la revue A Contrario, vol.4, no 2) appelle un &#8220;discours de ligne de crête&#8221;. Je t&#8217;en cite un extrait:</p>
<p>&#8220;Ce &#8216;double-langage&#8217; du littéraire n&#8217;est pas un discours mensonger ou de mauvaise-foi, mais le produit d&#8217;un lieu, l&#8217;université. (&#8230;) Seul celui qui prétend bénéficier de la double légitimité du savant et de l&#8217;herméneute est astreint à ce discours de ligne de crête, qui risque à tout moment de basculer dans le commentaire inspiré, affranchi des normes de toute discipline, ou, à l&#8217;inverse, d&#8217;être accusé de réductionnisme, pour s&#8217;être inscrit pleinement dans l&#8217;espace des scienes humaines et sociales.&#8221;</p>
<p>Inutile d&#8217;ajouter que je marche les fesses serrées, et de quel côté il me répugne davantage de basculer.<br />
Après avoir longuement partagé ces angoisses avec vous (sans les avoir, il est vrai, clairement exprimées), je dois rapidement y retourner. À tous ceux que j&#8217;ai lus ici: je vous remercie d&#8217;exister.<br />
Catherine</p>
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	<item>
		<title>By: Mahigan Lepage</title>
		<link>http://mahigan.ca/?p=232&#038;cpage=1#comment-18</link>
		<dc:creator>Mahigan Lepage</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2009 19:31:21 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://mahigan.ca/?p=232#comment-18</guid>
		<description>merci de vos commentaires, Steve, Arnaud, Maxime

chose sûre : il y a un malaise, partagé</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>merci de vos commentaires, Steve, Arnaud, Maxime</p>
<p>chose sûre : il y a un malaise, partagé</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>By: MC</title>
		<link>http://mahigan.ca/?p=232&#038;cpage=1#comment-17</link>
		<dc:creator>MC</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2009 16:14:24 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://mahigan.ca/?p=232#comment-17</guid>
		<description>Salut Mahigan!

Si je puis me permettre: peut-être que Hérodote n&#039;est pas d&#039;un grand secours pour dégager les racines de l&#039;historiographie moderne, même si son excentricité a été salué par nombre d&#039;historiens en ce qu&#039;elle permet de transmettre les croyances de son époque (pendant ses Enquêtes, Hérodote nous rapporte autant les paroles d&#039;un paysan égyptien que d&#039;un chef de guerre perse), mais dans le cas de Thucydide, je crois que nous avons affaire véritablement à la fondation de l&#039;histoire en tant que science des événements.

Enfin, grand plaisir à lire tes réflexions sur la notion d&#039;études littéraires. Études que j&#039;ai délaissées en raison d&#039;un conflit éthique permanent, entre moi et l&#039;institution. Il n&#039;est pas vrai que je ferai d&#039;André Breton et du surréalisme, sujet principal de ma réflexion presque 10 ans, un rouage dans la mécanique infinie du fonctionnalisme théorique qui prévaut dans les universités quand il est question de littérature. La sensibilité y est exclue, et les œuvres que j&#039;admire, qu&#039;elles soient classées dans le rayon philosophie ou littérature, me prennent d&#039;abord aux tripes et au cœur, et me donnent le goût d&#039;aimer et de vivre, bien avant de me donner le goût de parler et d&#039;écrire.

À bientôt!

MC</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Salut Mahigan!</p>
<p>Si je puis me permettre: peut-être que Hérodote n&#8217;est pas d&#8217;un grand secours pour dégager les racines de l&#8217;historiographie moderne, même si son excentricité a été salué par nombre d&#8217;historiens en ce qu&#8217;elle permet de transmettre les croyances de son époque (pendant ses Enquêtes, Hérodote nous rapporte autant les paroles d&#8217;un paysan égyptien que d&#8217;un chef de guerre perse), mais dans le cas de Thucydide, je crois que nous avons affaire véritablement à la fondation de l&#8217;histoire en tant que science des événements.</p>
<p>Enfin, grand plaisir à lire tes réflexions sur la notion d&#8217;études littéraires. Études que j&#8217;ai délaissées en raison d&#8217;un conflit éthique permanent, entre moi et l&#8217;institution. Il n&#8217;est pas vrai que je ferai d&#8217;André Breton et du surréalisme, sujet principal de ma réflexion presque 10 ans, un rouage dans la mécanique infinie du fonctionnalisme théorique qui prévaut dans les universités quand il est question de littérature. La sensibilité y est exclue, et les œuvres que j&#8217;admire, qu&#8217;elles soient classées dans le rayon philosophie ou littérature, me prennent d&#8217;abord aux tripes et au cœur, et me donnent le goût d&#8217;aimer et de vivre, bien avant de me donner le goût de parler et d&#8217;écrire.</p>
<p>À bientôt!</p>
<p>MC</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>By: Arnaud_m</title>
		<link>http://mahigan.ca/?p=232&#038;cpage=1#comment-16</link>
		<dc:creator>Arnaud_m</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2009 09:03:37 +0000</pubDate>
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		<description>C&#039;est qu&#039;il y a deux manières de lire un livre : ou bien on le considère comme une boîte qui renvoie à un dedans, et alors on va chercher ses signifiés, et puis, si l&#039;on est encre plus pervers ou corrompu, on part en quête du signifiant, et le livre suivant, on le traitera comme une boite contenue dans la précédentes ou la contenant à son tour. Et l&#039;on commentera, l&#039;on interprétera, on demandera des explications, on écrira le livre du livre à l&#039;nifini. Ou l&#039;autre manière : on considère un livre comme une petite machine a-sinifiante; le seul problème est : &quot;est-ce que ça fonctionne, et comme ça fonctionne ?&quot; Comment ça fonctionne pour vous ? Si ça ne fonctionne pas, si rien ne passe, prenez dont un autre livre. Cette autre lecture, c&#039;est une lecture en intensité : quelque chose passe ou ne passe pas. Il n&#039;y a rien à expliquer, rien à comprendre, rie à interpréter. C&#039;est du type branchement électrique. (...) Cette autre manière de lire s&#039;oppose à la précédente, parce qu&#039;elle rapporte immédiatement un livre au Dehors. Un livre, c&#039;est un petit rouage dans une machinerie beaucoup plus complexe extérieure. Écrire, c&#039;est un flux parmi d&#039;autres, et qui n&#039; aucun privilège par rapport aux autres et qui entre dans des rapports de courant, de contre courant, de remous avec d&#039;autres flux, flux de merde, de sperme, de parole, d&#039;aciton, d&#039;érotisme,  de monnaie, de politique, etc.

Deleuze, &quot;Lettre à un critique sévère&quot;, in Pourparlers (p.17)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est qu&#8217;il y a deux manières de lire un livre : ou bien on le considère comme une boîte qui renvoie à un dedans, et alors on va chercher ses signifiés, et puis, si l&#8217;on est encre plus pervers ou corrompu, on part en quête du signifiant, et le livre suivant, on le traitera comme une boite contenue dans la précédentes ou la contenant à son tour. Et l&#8217;on commentera, l&#8217;on interprétera, on demandera des explications, on écrira le livre du livre à l&#8217;nifini. Ou l&#8217;autre manière : on considère un livre comme une petite machine a-sinifiante; le seul problème est : &#8220;est-ce que ça fonctionne, et comme ça fonctionne ?&#8221; Comment ça fonctionne pour vous ? Si ça ne fonctionne pas, si rien ne passe, prenez dont un autre livre. Cette autre lecture, c&#8217;est une lecture en intensité : quelque chose passe ou ne passe pas. Il n&#8217;y a rien à expliquer, rien à comprendre, rie à interpréter. C&#8217;est du type branchement électrique. (&#8230;) Cette autre manière de lire s&#8217;oppose à la précédente, parce qu&#8217;elle rapporte immédiatement un livre au Dehors. Un livre, c&#8217;est un petit rouage dans une machinerie beaucoup plus complexe extérieure. Écrire, c&#8217;est un flux parmi d&#8217;autres, et qui n&#8217; aucun privilège par rapport aux autres et qui entre dans des rapports de courant, de contre courant, de remous avec d&#8217;autres flux, flux de merde, de sperme, de parole, d&#8217;aciton, d&#8217;érotisme,  de monnaie, de politique, etc.</p>
<p>Deleuze, &#8220;Lettre à un critique sévère&#8221;, in Pourparlers (p.17)</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Le Chômeur</title>
		<link>http://mahigan.ca/?p=232&#038;cpage=1#comment-15</link>
		<dc:creator>Le Chômeur</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 21:26:36 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://mahigan.ca/?p=232#comment-15</guid>
		<description>Wow... ça m&#039;replonge dans les études Littéraires pis pas à peu près, ça.

Moi, j&#039;serais pour un département de littérature. Et, avec ça, une refonte de la façon de voir et d&#039;enseigner cette matière. J&#039;en ai des hauts-le-coeur de la pédance des littéraires. Qui sont ces penseurs (bien souvent) parvenus pour décider de ce qui est de la littérature ou de la paralittérature?

Peut-être que de revoir la place de la littérature permettrait de mettre fin à un totalitarisme desdits penseurs; puisqu&#039;on le sait bien, ils ont la science infuse.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Wow&#8230; ça m&#8217;replonge dans les études Littéraires pis pas à peu près, ça.</p>
<p>Moi, j&#8217;serais pour un département de littérature. Et, avec ça, une refonte de la façon de voir et d&#8217;enseigner cette matière. J&#8217;en ai des hauts-le-coeur de la pédance des littéraires. Qui sont ces penseurs (bien souvent) parvenus pour décider de ce qui est de la littérature ou de la paralittérature?</p>
<p>Peut-être que de revoir la place de la littérature permettrait de mettre fin à un totalitarisme desdits penseurs; puisqu&#8217;on le sait bien, ils ont la science infuse.</p>
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