Monthly Archives: February 2010

Comme soc en terre

Comme soc en terre. Tes ongles tranchants en ta peau sillonneuse. Comme soc en terre. Labourent le derme jusqu’au for épaisseur. Comme soc en terre. Ces ongles mêmes que tu ronges contre ta peau retournés. Comme soc en terre. Que fendent et creusent et saignent à douleur. Comme soc en terre. Quelle terre que ta

Nicolas Rithi Dion_creuser le point

Tiphaine Samoyault suggère quelque part (« le Présent illimité », Littérature, no 125, mars 2002) que la pertinence de la critique du contemporain tient à la possibilité offerte d’observer la littérature en train de se faire. Alors que la critique des écritures passées court le risque d’appliquer sur des processus inachevés et vivants des modèles et des

Ta tête bloc-moteur

Ta tête bloc-moteur. Et déjà tu entends les battements et carré le vrombissement. Ta tête blo-moteur. Qu’est en toi et vibre et frémit et bloque. Et tes pensées comme des pistons coulissant aux cylindres, répétitives. Ta tête bloc-moteur. C’est ainsi toujours que tu l’appelles, ta tête pensante. Toujours bloc non. Toujours moteur. Et tu sais

Oeil asséché

Oeil asséché. Globe craquelé comme terre aride d’Arizona. De ces sols vus jeune dans les revues géographiques. C’est la terre et toi et ton oeil en la terre. Oeil asséché. Et d’où l’idée venue d’en avoir déjà vu? D’où le souvenir sûrement faux d’y avoir même palpé? Oeil asséché. Tu revois le ratatinement de ce

Pleure abandon

Pleure abandon. Ce n’est pas mot qu’on puisse seulement dire. Pleure abandon. Si ne le pleure qui le pleurera? Pleure abandon. Ce sont mots à comme trébucher de ta bouche. Pleure abandon. Ce sont mots d’une bouche bébé. Ce sont mots d’une bouche grenouille. Ce sont mots d’une bouche tétarde. Pleure abandon. Ce sont mots

Oiseau blessé

Oiseau blessé. Tu demandes le repos. Tu demandes le recueillement d’une main. Tu demandes la chaleur d’une paume. Oiseau blessé. Ton aile est noire et violente. Tes traits sont hachurés. Tu portes sur toi les éraflures du monde. Oiseau blessé. Est-ce les larmes qui coulent de ton oeil? Est-ce la nuit déjà dans ton regard?