Ce corps d’angoisse. Qu’est ce corps d’angoisse en mon sommeil ressurgissant, au soir seulement de mes jours, plaqué là à la peau mince des rêves, et qui n’est que pleurs et colères et cris. Ce corps d’angoisse. Cette peau franchie d’un seul glissement, comme passerait le corps à travers une bruine, des images d’ébats et de sens, jusqu’à ce grand corps d’angoisse, sans transition que cette peau, cette peau comme une bruine, nuage mince et traversé, de l’autre côté aussitôt. Ce corps d’angoisse. Est-ce ce corps même qui angoisse, est-ce vrai de corps que cette angoisse, et sinon pourquoi ces mots à la main écrivant venus, ce corps d’angoisse, comme un amas, comme un monceau, comme un bloc. Ce corps d’angoisse. De l’autre côté de la détente comme un coup, au moment précis où le corps chute, qu’est ce primitif qui revient, au soir de mes jours de ville, qu’est cet animal et ce cri trop humain, colère, pleurs, juste à la peau de mon corps de singe. Ce corps d’angoisse. D’un film seulement traversé, et ce ne sont plus corps lascifs, mais sanglots à l’épaule et cheveux, corps-à-corps rien presque n’a changé, que cette émergence de l’angoisse à la peau, à la chair des nuits sourdes, mais que crie cette angoisse muette. Ce corps d’angoisse. Qui ne serait peut-être que cela, angoisse, qui en aurait plein les soudures, de l’angoisse, plein les chairs, de l’angoisse, plein le singe et l’homme, de l’angoisse, plein le poids et la masse, de l’angoisse, et qui au crépuscule se rappelle à elle, qui est mère, angoisse. Ce corps d’angoisse. Qui tantôt se détache d’un autre, homme, coups et violence, corps-à-corps. Ce corps d’angoisse. Qui tantôt s’épaule à un autre, femme, et sanglote son repos muet. Ce corps d’angoisse. Qui jamais ne dit rien, jamais ne parle mais crie, mais hurle, hurle oui jusqu’à la surdité, jusqu’au mutisme du corps, et pèse, et pèse de ses âges, humain, en la ville, les avions derrière grondent, les lumières s’éteignent, les moteurs, c’est le soir de l’homme, qu’en son corps, revit, ressent, l’angoisse. Ce corps d’angoisse. Colère à l’homme et pleurs à la femme, le plus ancien au plus près de la peau, théâtre à rejouer chaque soir de mes jours de ville, jusqu’à si peux parler depuis, depuis ce corps d’angoisse, qui n’est que cris et rapports, entre-deux, comme on voudrait de la langue là et s’arracher homme du soir de ses jours. Ce corps d’angoisse. Ce corps, ce grand corps d’angoisse, et lourd, d’entre les autres sourd, et hurle, à rien n’entendre de l’autre côté, de cette pourtant si mince, si mince peau du sommeil de mort comme une bruine.
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