La route intérieur, tortueuse et incertaine. Je ne voudrais plus écrire non, mais noter des relations. Et que ces noms même, ces noms Népal, Maroc, Uruguay, Colombie-Britannique, ces noms même ne disent plus que le rapport. Relation oui comme au temps des voyages, quand cela était encore possible. Des routes pourtant, des chemins. Mais vers que rapporter est impossible, vers qu’atteindre ne se peut, mais serait quand même, au moment même où dirais ce ne peut. Ne plus écrire non, mais faire des pans qui ne soient que de phrases, qu’enfin l’on voit, que ce n’est que ça. Seulement tendre vers que monde soit, que voyage soit, que villes soient. Seulement tendre vers que voir, que voir même en ce tendre vers. Vers que les pays devant yeux apparaissent, et route soit, d’images recomposées, et d’intensités projetées. Il y aurait ce pays que je vois en moi, plus vertical qu’horizontal, comme la page que lisez, mais fait lui d’arbres, de résine, de fibre, et marcher dans la forêt serait comme fourmi en les hautes herbes. À travers que les montagnes et les rivières et les sentiers et les chemins. Toutes ces images dont je ne sais plus faire, qui sont pourtant mon chemin, mais inaccessible, inabouti. Les arbres, les coupes à blanc, ou juste la campagne pelée. Il y aurait un archaïsme de la matière des arbres, auxquels s’est liée de si longtemps l’écriture par les livres. Il y aurait que cette pâte a voyagé par routes et rivières, qu’elle a empuée aussi mon adolescence aux bords des Outaouais. Il y a se voir soi-même comme arbre grand et sec, résineux, dur à la croûte mais mou au-dedans. Mais aussi que rare de plus en plus et désormais cette pâte, et rares les individus sylvestres qui encore se dressent. Et que pays serait quoi mort, quoi parcheminé, en tout cas ce serait des histoires plus bonnes à raconter. Ou quoi d’autre encore, tant de matière dont je ne sais plus faire. J’y mettrais quand même des noms, mais on saurait bien que ce n’est plus comme avant. Que c’est de dire seulement le chemin, l’horizon, de ne plus écrire non mais de poser des conditions. Il y aurait ceci. Il y aurait cela. Qu’en serait-il alors de la matière?
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